Pourquoi la danse nous rend-elle accro?

Sans doute tous les danseurs de Kizomba, tous styles compris, ressentent cette certaine sensation de vertige, le flow dans lequel on se retrouve en dansant et particulièrement pendant et après un festival de danse.

Nous nous sentons à la fois physiquement épuisés, endoloris, mais très énergisés, après nous être perdus sur la piste pendant la majeure partie de la journée et de la nuit, ne dormant presque plus en restant seuls face à cette sensation unique qui ne peut être comprise sans l’avoir éprouvée.

Dans notre vie quotidienne, nous ne pouvons penser à rien d’autre qu’à la danse et nous ressentons comme une envie constante de quelque chose d’essentiel à notre vie. Nous nous épanouissons dans ce sentiment, en faisant l’expérience d’une connexion qui nous permet de recevoir un aperçu du corps et de l’esprit de notre partenaire de danse dans un cadre plus large.

On pourrait le décrire comme un besoin humain et un événement qui met le monde en pause et nous fait oublier le temps et l’espace. Alors, qu’est-ce qui conduit à ces sentiments sans cesse croissants pour une danse sociale qui semble juste légèrement différente des autres pour un étranger ? Une danse dont on ne se lasse pas et qu’on poursuit à chaque occasion.

D’un point de vue scientifique, la réponse est simple : ocytocine et conditionnement. Lorsque nous dansons, nous nous embrassons souvent et cela entraîne la libération d’une hormone dont les effets positifs sont complexes et qui crée des sentiments de bonheur, de paix et de détente. Grâce à cette arme appelée « hormone des câlins », vous êtes protégé contre toute sorte de nuages sombres.

Si on a un certain répertoire d’expériences positives, le conditionnement est probablement déjà en cours la prochaine fois que l’on danse. Dès que l’on met le pied sur la piste de danse, que l’on écoute et ressent la musique et que l’on commence à danser, on associe

Alain Bonnardeaux

cet événement à un sentiment de bien-être. Ainsi, notre corps peut facilement passer en mode de pilotage automatique, c’est-à-dire en mode « bonheur ». Et si cela arrive souvent, l’effet du conditionnement nous amène encore plus vite dans cet état de corps et d’esprit.

Oui, sûrement, ce n’est pas tout. Le sentiment de connexion en déplaçant nos corps comme une entité qui se comprend sans même dire un mot ne ressemble à aucun autre. Tout d’abord, peu importe la profession, l’âge, la nationalité et la langue que nous parlons – ici, la seule langue dont on a besoin pour communiquer est la danse.

On communique par le langage corporel, la musicalité,

La danse est le genre de langage et une sorte de soupape de détente qui permet aux émotions d’être exprimées librement, comme les mots ne le pourraient jamais. On peut même s’accrocher à des émotions dont on ne connaît pas l’existence et qui peuvent être « parlées » et exprimées par la danse. On communique par le langage corporel, la musicalité, la capacité d’écouter l’audition de son partenaire et la compétence de l’interprétation, ce qui peut conduire à une connexion forte qui semble aller bien au-delà des explications physiques.  C’est l’échange d’énergies tout en s’offrant continuellement des incitations attrayantes.

Et deuxièmement, peut-être l’un des aspects les plus précieux : le moment de présence, d’ouverture bienveillante et de sincérité. Pendant un certain temps, que ce soit quelques chansons ou quelques heures, on est dans une bulle où le seul point d’attention est entre les deux, qui respire et vit le moment pour l’autre, oubliant presque le monde.

Deux énergies différentes qui prennent et donnent des étincelles et finissent par évoluer en s’unissant en une seule. Dans notre vie trépidante, avec nos emplois, nos structures, nos conventions, nos jugements, nos opinions et notre superficialité, il n’y a nulle part ailleurs ce genre d’exclusivité de deux étrangers qui se portent mutuellement un don unique de présence et d’attention.

On partage la même musique, le même genre de langage non parlé, la même pulsation profonde et on vit tout cela ensemble, même si on ne se connaît pas et que tout cela crée un lien fort et nous laisse complet.

Et oui, s’il y a de la lumière, il doit y avoir de l’ombre. Mais pour l’instant, restons-en là et soyons reconnaissants pour les choses positives. Et si la Kizomba est notre besoin humain, espérons-le satisfaire et le faire briller à nouveau bientôt.

Jasmin by Danse-mag

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