Le parcours d’une combattante : Raiponce « Lead & Follow »

Hello Raiponce, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Hello ! Je m’appelle Raiponce, j’ai 27 ans. Je suis infirmière, danseuse et professeure de kizomba depuis 3 ans.
J’ai grandi à Trappes, dans une famille où le monde de la musique a toujours eu une grande place. J’ai réellement rencontré la danse à l’âge de 13 ans, entre 2 matchs de baskets, grâce à l’univers exclusivement afro-caribéen qui m’entourait et ne m’a d’ailleurs jamais quitté.

A mes 15 ans, les problèmes de santé que j’avais depuis quelques années se sont aggravés. Les années qui ont suivi ont été un véritable parcours du combattant ; même si elles ont indéniablement forgé la personne que je suis aujourd’hui. Pendant 2 ans j’ai vécu en fauteuil roulant, alternant entre rééducation acharnée et rechutes toujours plus douloureuses.

Il m’a fallu réapprendre à marcher, plusieurs fois. Un de ces jours où le découragement avait pris le contrôle de ma journée, une amie de ma mère, professeure de danse, qui connaissait mon amour pour la musique et la danse, m’avait dit : « OK tu en a marre de réapprendre à marcher. Je comprends. Alors je te propose qu’on danse. » C’est exactement cette phrase qui a transformé ma colère en détermination profonde : j’avais trouvé un objectif.

RAIPONCE, C’EST LA PERSONNE QUE JE SUIS DEVENUE, CELLE QUI A GAGNÉ LA BATAILLE CONTRE LA VIE.

Celui de marcher pour danser, de danser pour me sentir vivante. Pour l’anecdote, je faisais souvent ce rêve où je dansais dans une salle comble, en magnifique robe rouge et talons, avec ces gens qui m’applaudissaient parce que je n’étais pas tomber. Si j’avais su… Une fois debout, j’ai donc continuer les danses afro-caribéennes que j’exerçais déjà. Puis j’ai commencé la kizomba, la bachata, et depuis peu la salsa.

Raiponce, c’est vraiment ton prénom ?
Qu’on se le dise une fois pour toute, non ! C’est mon surnom depuis plus de 10 ans… Mais je préfère que l’on m’appelle comme ça.

Pour moi, mon vrai prénom, c’est le reflet de la jeune femme fragile, malade et sans confiance. Raiponce, c’est la personne que je suis devenue, celle qui a gagné la bataille contre la vie. La femme déterminée et assumée. Même si les 2 font partie de moi encore aujourd’hui, je préfère rester focus sur la partie gagnante. J’y tiens beaucoup.

Si je te dis Lead & Follow?
Un joli challenge… Après avoir été taxi danseuse dans une équipe parisienne, j’ai fait quelques assistanats de cours auprès de profs parisiens. En 2018, une assos de danse dans le 78 m’a repéré et m’a proposé de donner des cours de kizomba.

C’est ainsi que j’ai commencé à donner cours pendant 2 ans en tant que follower. A titre personnel j’avais commencé à apprendre le leading. Je voyais cela comme un élément essentiel à ma pédagogie de follower.

Et j’y ai pris goût… L’année suivant j’ai rencontré Chloé (follower et leader également), avec qui nous avons donné quelques cours sur la région parisienne. Le concept a émergé de lui-même. Deux personnes qui aiment suivre et guider : pourquoi se limiter à une seule compétence? Notre collaboration s’est ensuite terminée.

Mais mon envie de poursuivre ce challenge ne m’a jamais quitté. C’est pourquoi j’ai fait le choix risqué de me lancer dans l’enseignement, seule, comme leader et follower. Suscitant d’ailleurs beaucoup de surprise et d’appréhension. De dérangement peut être?

Aujourd’hui, j’ai l’intime conviction d’avoir eu raison d’avoir osé. Cette polyvalence fait de moi une danseuse accomplie, et une professeure plus complète.

Quel est ton plus beau souvenir de soirée ?
Impossible de choisir un moment précis… Je crois que ce que je préfère c’est…la puissance de certaine connexion. Ce moment où deux corps, deux histoires, deux âmes, parfois inconnus, se rencontrent le temps de quelques danses. Ce moment où chacun accepte de donner un peu de soi, pour permettre de créer une bulle de sérénité dans nos vies tourmentées !

Et le pire ?
Le sentiment d’être jugé. Je n’ai rien contre la critique, bien au contraire. Mais seulement lorsqu’elle est constructive et bienveillante. Souvent en soirée, on peut se sentir jugé.

Sur sa danse, son attitude, sa tenue vestimentaire et j’en passe. Aujourd’hui j’ai appris à ne plus y faire attention.

Mais ces attitudes de jugement me mettent en colère. Je pense notamment aux danseurs débutants ou qui manquent de confiance. Certaines choses peuvent avoir plus d’impact qu’on ne le pense. Ce n’est pas parce que l’autre est ou fait différemment, qu’il est mauvais.

Quels conseils aurais-tu à donner à ceux qui souhaiterait devenir artiste ?
La notion d’artiste est tellement subjective. Elle dépend de qui nous sommes, de notre sensibilité, et de tout un tas d’autre chose. Quelque soit ton niveau, ton objectif, la première chose que je te dirais c’est d’être passionné. Quand tu t’entraines, quand tu sors, quand tu clips. Vibre et rayonne de ton art.

La 2ième chose c’est d’être authentique. Qui que tu sois et quelques soit ton parcours, soit en accord avec toi-même.

Partage à la hauteur de ce que tu veux et ce que tu peux, mais donne avec sincérité.

On sait que c’est un métier exigeant, il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus.
Quelles sont d’après toi les 3 qualités qui t’ont permis de percer dans ce milieu ?

HUMILITE
Dans le milieu de la danse (et artistique au sens large) les choses peuvent aller très vite. Mais personne n’est à l’abris d’un retour à la case départ du jour au lendemain. Savoir écouter, se remettre en question quand il le faut, et jamais oublier qu’on n’est finalement pas grand-chose dans cet univers. Personnellement je me suis entourée de personnes qui n’ont rien avoir avec la danse ; ça aide à garder les pieds sur terre.

BIENVEILLANCE
Etre bienveillant, c’est accepté que l’autre soit différent (même s’il nous énerve…). Dire les choses, expliquer, répéter s’il faut. Essayer de ne pas dire les choses pour blesser mais seulement dans le but de faire grandir. On a tous notre place, et ensemble on est plus fort.

TRAVAIL
Ne jamais prendre les choses pour acquis. C’est souvent quand on pense que les choses le sont qu’on se prend une claque. Travailler, seul et avec d’autres. Sortir de sa zone de confort, aller explorer d’autres influences. S’obliger à dépasser nos habitudes.

Quelques mots sur tes projets à venir ?
En cette période de crise sanitaire, les choses sont forcément plus floues. Dans mon idéal, retrouver mes élèves en présentiel.

Même si je continue les cours en visio chaque semaine, il y a des thèmes de cours que je ne peux pas aborder… Enseigner de nouveau en soirées, et en festivals.

Pour le reste, je ne peux pas trop en dire en pour le moment, mais de beaux projets avec plusieurs collaborations sont prévus (vidéos etc.) !

Page Fb : Raiponce Kizomba – Lead and Follow
Fb : Raiponce Kizomba

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